Ruinarch est un jeu de stratégie et de simulation solo dans lequel vous incarnez un seigneur maléfique dans des mondes fantasy générés aléatoirement. Plutôt que de bâtir ou défendre un village, vous manipulez les événements, infligez malédictions et maladies aux villageois et attisez les conflits pour créer des récits de drame et de comédie noire.
Gameplay
Le principe repose sur la collecte d'orbe du chaos en perturbant ou en blessant les villageois, ce qui débloque de nouveaux sorts, bâtiments et améliorations. Vous commencez par poser un portail comme base, puis vous l'étendez avec des structures qui facilitent différents types d'interférences. Des sorts directs comme les météores, boules de feu, tremblements de terre et éclairs permettent une destruction immédiate, tandis que des outils plus indirects favorisent une manipulation à plus long terme.
Les interactions élémentaires enrichissent le jeu : lancer un météore dans une flaque empoisonnée peut par exemple créer des nuages de poison explosifs. Les villageois réagissent de manière dynamique aux afflictions ; lycanthropie ou vampirisme transforment certains d'entre eux en menaces qui propagent les malédictions et déclenchent des chasses. Une structure de beholder vous permet d'invoquer des yeux pour collecter des informations, que vous pouvez ensuite utiliser pour répandre des rumeurs et dresser les habitants les uns contre les autres.
La gestion des monstres consiste à capturer des créatures errantes, à les élever dans une chenil pour leur donner des rôles spécialisés, puis à les lâcher en meute pour piller des villages ou kidnapper des cibles. Les prisonniers peuvent être conduits dans une prison pour être endoctrinés en cultistes qui soutiennent secrètement vos plans depuis l'intérieur du village. Un biolab permet de créer des épidémies, avec des améliorations qui ajoutent des symptômes, augmentent la virulence ou font exploser les victimes à leur mort, ce qui peut entraîner une épidémie de zombies.
Modes de jeu
Ruinarch propose des scénarios flexibles sur des cartes générées aléatoirement plutôt que des modes nommés fixes. Au début, vous choisissez l'un des trois archétypes de seigneur, chacun influençant les outils disponibles et les stratégies privilégiées. Le Ravager mise sur la destruction brute grâce à des sorts puissants et des raids de monstres. Le Puppetmaster privilégie la manipulation subtile, les rumeurs et les conflits entre villageois. Le Lich se concentre sur les épidémies, les morts-vivants et les malédictions.
Les objectifs consistent à accumuler des orbes du chaos tout en poursuivant des buts personnels, comme raser un village par des moyens directs, provoquer une apocalypse zombie ou bâtir un réseau de cultistes secrets. Les conditions de victoire varient selon l'archétype et les afflictions choisies, encourageant les rejouées avec des approches différentes sur chaque nouvelle carte. Un scénario tutoriel présente les bases, tandis que le jeu principal se déroule dans de plus grands villages générés aléatoirement, comprenant grottes, ruines et monstres sauvages.
Mécaniques et systèmes clés
La progression des ressources repose entièrement sur les orbes du chaos générés par vos interventions, et non sur des matériaux traditionnels. Les bâtiments comme le biolab, la prison, le chenil et le beholder se débloquent progressivement et soutiennent des actions maléfiques spécialisées. Le choix de l'archétype influence les options de départ et certains sorts ou structures uniques, bien que l'accès aux autres archétypes soit possible via les améliorations.
La génération procédurale garantit que chaque monde offre de nouvelles personnalités, relations et dispositions de villageois, donnant naissance à des histoires émergentes : un héros lycanthrope attaqué par ses anciens amis, ou l'infidélité d'un mari qui déclenche le chaos domestique après la propagation d'une rumeur. L'élevage de monstres et la personnalisation des épidémies permettent d'affiner les approches de harcèlement et d'infection.
Est-ce que ça vaut le coup d'y jouer ?
Ruinarch convient aux joueurs qui apprécient une simulation maléfique créative et ouverte, sans conditions de victoire strictes ni éléments compétitifs. Sa force réside dans la variété des outils pour raconter des histoires à travers le conflit et dans le rejouabilité offerte par les cartes procédurales et les choix d'archétypes. Les critiques soulignent la créativité et l'humour des systèmes, mais notent aussi des limites en profondeur, une certaine lourdeur des contrôles et une durée relativement courte pour développer pleinement un archétype.
Le jeu est sorti en version finale en 2023 après une période d'accès anticipé ponctuée de mises à jour régulières. Il reste un titre de niche destiné aux amateurs de jeux de manipulation en bac à sable qui se fixent leurs propres objectifs. Ceux qui recherchent des valeurs de production soignées ou un contenu post-sortie abondant risquent d'être déçus, tandis que d'autres apprécieront l'expérience ciblée de tisser une comédie noire dans un univers fantasy.