Inutile d'attendre de nouvelles extensions pour Baldur's Gate 3. Le patch 8 était la dernière grosse mise à jour et le studio Larian est déjà passé à autre chose. Ceux qui ont terminé le jeu et cherchent la même sensation vont devoir regarder ailleurs.
Autant le dire tout de suite : aucun autre titre ne joue dans la même cour. Le doublage intégral, la mise en scène cinématographique et des compagnons qui commentent chacune de nos décisions, personne d'autre n'a réuni tout ça dans un seul jeu. En revanche, les ingrédients qu'on a adorés dans Baldur's Gate se retrouvent éparpillés dans une bonne dizaine d'autres RPG, et certains font même mieux sur leur terrain.
Voici dix titres, sélection arrêtée en août 2026. Pour chacun, on explique pourquoi il mérite sa place.
Le grand frère de Baldur's Gate 3, signé par le même studio. Divinity: Original Sin 2 propose le même bac à sable où l'on renverse un tonneau d'huile juste pour voir ce que ça donne une fois enflammé, et la même tolérance envers les joueurs qui cassent les quêtes d'une façon que personne n'avait prévue. Comptez une soixantaine d'heures pour la trame principale, quatre joueurs en ligne et deux en écran partagé. Le détail qui change tout : chaque compagnon poursuit ses propres objectifs, donc se faire poignarder dans le dos par un ami relève du game design, pas du bug.
Si la création de personnage vous a paru trop sage dans Baldur's Gate, ici on plonge dans le grand bain. Pathfinder: Wrath of the Righteous propose dix voies mythiques, et chacune réécrit des pans entiers du récit. On peut terminer la campagne en liche, en ange ou littéralement en essaim d'insectes. Plus de 50 heures pour la trame principale. La gestion de la croisade passe en automatique si peindre une carte vous ennuie, et l'on bascule entre tour par tour et temps réel avec pause quand on veut.
Même studio, plus aucun magicien, du grimdark à la pelle. Dans Warhammer 40,000: Rogue Trader, on incarne une sorte de PDG doté d'un vaisseau de guerre, qui décide du sort de planètes entières entre deux combats. La coopération monte jusqu'à six joueurs et le patch 1.3 a enfin apporté les versions consoles. L'extension Void Shadows ajoute une quinzaine d'heures et une infestation de genestealers à bord de notre propre vaisseau, puis Lex Imperialis en remet une couche.
L'approbation des compagnons existait ici des années avant que Larian ne la peaufine. Dragon Age: Origins propose six histoires d'origine, donc six ouvertures réellement différentes et pas six variantes de la même scène. Comptez 40 heures, plutôt 80 avec tout ce que rassemble l'Ultimate Edition. Deux avertissements honnêtes : la réalisation a très mal vieilli, donc installez une liste de mods avant de commencer, et les combats se déroulent en temps réel avec pause, pas au tour par tour.
Ici, les règles sont appliquées telles qu'elles sont écrites. Solasta: Crown of the Magister colle au manuel 5.1 plus fidèlement que tout le reste de cette liste, et traite la verticalité et la lumière comme de vrais outils tactiques : la corde et les torches servent vraiment à quelque chose. Une quarantaine d'heures, une coopération de deux à quatre joueurs ajoutée par la mise à jour Lost Valley en 2022, et un éditeur de donjons qui alimente encore le jeu en nouvelles campagnes. Doublage au rabais, tactique excellente. La suite est en accès anticipé depuis mars 2026.
Passons à quelque chose de radicalement différent. Disco Elysium ne contient aucun combat. Tout se joue sur les dialogues et des jets de deux dés, pendant que vingt-quatre compétences se disputent dans notre crâne comme un comité de très mauvais conseillers. Dix jours de temps de jeu, 60 à 80 heures si l'on fouille partout. À prendre si ce que vous avez aimé dans Baldur's Gate, c'est l'écriture et les décisions catastrophiques, pas les boules de feu.
La mise à jour 5.0 a ajouté un vrai mode tour par tour, ce qui fait de Pillars of Eternity II: Deadfire un atterrissage bien plus doux après Baldur's Gate qu'il ne l'était au lancement. On récupère un navire, un équipage et un archipel à explorer, environ 40 heures pour l'histoire et 55 avec les à-côtés. Les batailles navales se résument à des scènes textuelles scriptées et constituent clairement le point faible du jeu. Les compagnons rattrapent largement le coup.
Le premier essai du studio Owlcat sur la licence Pathfinder, et ça se voit. Pathfinder: Kingmaker nous confie une baronnie à administrer, avec des conseillers et des événements qui s'accumulent pendant que la quête principale tourne au chronomètre. C'est précisément ce chronomètre qui fait abandonner beaucoup de monde, d'où la possibilité de régler la couche royaume sur un mode sans stress. Sur Steam, l'accueil reste plutôt positif : environ 26 000 pouces levés sur 33 000 avis, ce qui résume bien la situation.
Le mal a déjà gagné avant même que l'on prenne la manette. Dans Tyranny, on incarne un Décrétaire, le bras juridique et armé du tyran victorieux, et tout démarre par la Conquête, un prologue en forme de livre dont vous êtes le héros qui réécrit la carte du monde avant qu'on y pose le pied. Court pour le genre, 20 à 30 heures, et conçu pour être rejoué plutôt que terminé une fois. Le studio Obsidian, connu pour Fallout: New Vegas, dans sa version la plus cynique, et c'est un compliment.
Le jeu qui a sorti le genre du cimetière. Pillars of Eternity est né d'une campagne de financement participatif en 2015 soutenue par 77 000 personnes, et assume ouvertement son modèle : les grands classiques du type premiers Baldur's Gate. Environ 36 heures pour l'histoire, une centaine pour tout nettoyer, plus les Sentiers sans fin d'Od Nua, un mégadonjon de quinze étages sous notre propre forteresse. Uniquement du temps réel avec pause, donc armez-vous de patience.
Vous jouez entre amis : Divinity: Original Sin 2. Vous voulez les règles telles quelles : Solasta. Vous comptez disparaître une semaine dans une feuille de personnage : Wrath of the Righteous. Vous ne voulez plus voir un seul elfe : Rogue Trader.
La liste complète est ici : jeux similaires à Baldur's Gate 3. Et si on a oublié une évidence, dites-le en commentaires, on les lit.